Si vous jardinez depuis déjà quelques années et que vous maitrisez assez bien la culture écologique des tomates, des haricots, des laitues et des autres légumes les plus communs, vous serez peut-être tenté de découvrir d’autres légumes. Bienvenue dans le merveilleux monde des jardiniers curieux.

Voici le premier d’une série de trois articles dans lesquelles je vous présenterai près d’une trentaine de légumes que j’ai expérimentés au fil des années. Si certains sont relativement connus et même disponibles sur le marché, d’autres doivent obligatoirement être cultivés, car ils sont rarement commercialisés. Tous ces légumes se cultivent en pleine terre et plusieurs peuvent aussi être cultivés en pots. Toutefois, dans ce dernier cas, la survie à l’hiver des légumes vivaces risque d’être compromise.

Année après année, j’ai découvert de véritables coups de cœur, alors que d’autres légumes sont demeurés au rang des curiosités. Mais ce qui est certain, c’est que je me suis bien amusée et que cette quête fascinante est loin d’être terminée puisqu’il s’agit d’une aventure presque indéfinie.

Dans ce premier article, je vous présente l’achocha, l’amarante, l’artichaut, l’asperge, la baselle, le céleri-rave, la cerise de terre et le coqueret du Pérou et finalement le chou chinois. Dans les deux prochains articles qui seront publiés en décembre, puis en janvier, je vous présenterai d’autres légumes à découvrir en partant du chou kale jusqu’au topinambour.

Pour chacun des légumes, les meilleurs endroits pour se procure des semences sont indiqués par des numéros. Ces derniers font référence à la liste des fournisseurs de semences présentées à la fin de cet article. Vous constaterez que je privilégie les semenciers québécois qui offrent des semences bio ou cultivées écologiquement et bien sûr produites selon les conditions climatiques du Québec (et non de la Californie). Tous offrent leurs semences par Internet, certains en jardinerie. Enfin, la plupart des semenciers québécois sont présents dans les Fêtes de semences qui sont présentées en début d’année aux quatre coins du Québec.

Achocha

L’achocha (Cyclanthera pedata) aussi connue sous le nom « cyclanthère » est une jolie plante de la famille des cucurbitacées que l’on cultive pour ses fruits en forme de pirogue dont l’intérieur est blanc et spongieux.

Les tiges dotées de vrilles peuvent atteindre jusqu’à 5 m. On a donc tout avantage à fournir à l’achocha un support adéquat tels un treillis ou une rampe de galerie. On sème les graines à l’intérieur trois semaines avant le dernier gel. La transplantation se fait après les dangers de gels. Mieux vaut procéder délicatement lors de la transplantation car, tout comme les autres plantes de la famille de cucurbitacées, les racines de l’achocha sont fragiles. On peut aussi semer directement au jardin après les risques de gel.

Les jeunes fruits se consomment crus, alors que les fruits plus âgés ont avantage à être évidés, farcis et cuits au four. La saveur de l’achocha se situe entre le concombre et le poivron.

Vous trouverez des semences d’achocha ici : 2, 5

 

Amarante

L’amarante (amaranthus sp.) se décline en de nombreuses variétés de couleurs et de dimensions dont plusieurs sont très ornementales. C’est le cas de l’amarante queue de renard et de l’amarante pourpre. Certaines variétés sont cultivées pour leurs feuillages (amarante tricolore) alors que d’autres le sont davantage pour leurs graines. Mais les feuilles de toutes les variétés peuvent être consommées alors qu’elles sont encore jeunes. On sème l’amarante par semis intérieurs 6 à 8 semaines avant le dernier gel et on la transplante après les risques de gel. Lorsque le but est de consommer les feuilles, on peut également faire un semis au jardin ou directement en pots après les risques de gel. Il s’agit d’une plante qui a fière allure jusque tard à l’automne.

Les très petites graines ont une haute valeur nutritive. Elles peuvent être cuites dans deux fois leur volume d’eau durant 20 à 30 minutes. Une fois cuites, les graines qui ont une consistance collante, peuvent être utilisées comme du quinoa ou du riz. Une autre façon de faire consiste à faire éclater les graines à la façon du « pop-corn » en les faisant chauffer dans une poêle à couvert.
On peut aussi les faire germer.

Les feuilles d’amarante peuvent être utilisées à la façon des épinards. Très populaires dans les Caraïbes, les feuilles que l’on nomme callaloo font partie intégrante du plat du même nom.

Vous trouverez de semences d’amarante ici : 1, 2, 4, 6, 7, 8

Artichaut

L’artichaut (cynara scolymus) est une plante légumière vivace qui est cultivée comme une annuelle dans les régions nordiques comme le Québec. La plante, qui peut atteindre un mètre de hauteur, a fière allure avec ses feuilles vert grisâtre fortement découpées.

On cultive l’artichaut dans le but de récolter l’inflorescence (le capitule) avant l’ouverture des bourgeons.

Le semis d’artichaut doit être effectué très tôt à l’intérieur, soit 10 à12 semaines avant le dernier gel.

Pour forcer la floraison, les plants ont avantage à être exposés au gel. On les sortira donc au jardin 2 à 3 semaines avant le dernier gel, mais la transplantation se fera après ce dernier.

L’artichaut est une plante de chaleur. Il est particulièrement productif en zone 5, mais il peut aussi produire en zone 4 lorsque l’été est particulièrement clément. Lors de bonnes années, on peut récolter cinq capitules et même plus. On consomme les délicieux fonds d’artichaut et la base charnue des bractées.

Vous trouverez des semences d’artichaut ici : 7

 

Asperge

L’asperge (asparagus officinalis) est une plante vivace qui est cultivée pour ses jeunes tiges que l’on appelle « turions ». Une fois bien implantée, l’asperge peut produire durant une quinzaine d’années. Elle ne s’inscrit donc pas dans le processus de rotation comme les autres plantes légumières. Après la récolte printanière, les turions laissés sur place se transforment en de longues tiges au feuillage délicat très décoratif.

La culture de l’asperge peut se faire à partir de semences, de griffes (une touffe de racines nues) ou de plants matures vendus en pots.

Comme l’asperge n’apprécie pas la compétition des plantes adventices, il est souhaitable de bien préparer la planche de culture un an avant le semis ou la plantation.

La récolte des premiers turions se fait deux ans après la plantation d’un plant, trois ans après la plantation de griffes, mais cela peut prendre jusqu’à quatre ans après un semis.

 

Vous trouverez des semences d’asperge ici : 4 ,8

Vous trouverez des griffes ou des plants d’asperges en pots dans certaines jardineries.

 

Baselle

La baselle (Basella rubra ou Basella alba) est aussi connue sous le nom «épinard de Malabar ». On cultive la baselle dans le but de consommer les feuilles charnues, mais également les extrémités de tiges. Il s’agit d’une alternative intéressante à la culture de l’épinard, car elle tolère très bien la chaleur contrairement à ce dernier. Très ornementale, la baselle nécessite un support, car ses tiges peuvent atteindre deux mètres de haut. La variété rouge comporte des tiges pourpres et des feuilles plus foncées que la variété verte. On cultive la baselle par semis intérieur 10 à 12 semaines avant le dernier gel et on la transplante après ce dernier. La récolte s’étale de juillet jusqu’au premier gel. La baselle se consomme crue ou cuite comme des épinards.

Vous trouverez des semences de baselle ici : 3 ,7 ,8

 

 

Céleri-rave

Le céleri-rave (Apium graveolens var.rapaceum) est une plante légumière proche parente du céleri. On cultive le céleri-rave dans le but de consommer sa racine renflée et charnue.  Il s’agit d’une plante de climat frais qui demande une longue saison de croissance et un sol fertile. On cultive le céleri-rave par semis intérieurs 10 à 12 semaines avant le dernier gel et le transplante après ce dernier. À l’automne, le céleri-rave peut supporter un premier gel, mais on doit le récolter avant les fortes gelées.

 

La chair du céleri-rave est blanche et croquante. Elle a une saveur légèrement plus piquante et plus prononcée que celle du céleri. Le céleri-rave est l’ingrédient vedette de la traditionnelle rémoulade. Combiné avec la pomme de terre, on peut aussi en faire une délicieuse purée.

 

Vous trouverez des semences de céleri-rave ici : 7

 

Cerise de terre et coqueret du Pérou 

La cerise de terre (Physalis pruinosa) et le coqueret du Pérou (Physalis peruviana) sont de proches parents. On les cultive pour leur petit fruit entouré d’une enveloppe qui ressemble à du papier (formé par le calice de la fleur).

La cerise de terre est une plante rampante qui dépasse rarement 45 à 60 cm de hauteur. Le fruit, de la grosseur d’une cerise, passe du vert au jaune doré en murissant.

Le coqueret du Pérou, aussi appelé cerise de terre péruvienne, est une plante dressée dont la hauteur peut atteindre 1 m. Les fruits, dont le goût peut se rapprocher de la mangue ou de l’ananas, sont orangés. Légèrement plus gros que ceux de la cerise de terre, ils se consomment de la même façon.

On démarre la culture de cerise de terre et de coqueret du Pérou pas semis intérieurs 10 à 12 semaines avant le dernier gel et la transplantation se fait au jardin ou en pots après ce dernier. L’utilisation d’un géotextile noir favorise le mûrissement des fruits en plus de conserver les fruits bien propres lorsqu’ils tombent au sol (signe qu’ils sont mûrs) et de limiter l’envahissement par les graines.

 

Vous trouverez des semences de cerise de terre ou de coqueret du Pérou ici : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8

 

Chervis

Le chervis (Sium sasarum) est aussi appelé « chirouis »,  « girole »  ou « berle du potager » est une plante vivace rustique en zone 4 dont on consomme principalement les racines, mais le feuillage est également comestible.

On cultive le chervis par transplantation de racines ou par semis. Les graines doivent subir une période de froid pour germer. On peut effectuer le semis directement au jardin en automne. Pour un semis de printemps, les graines doivent d’abord subir un traitement au froid. Pour ce faire, on mélange les graines à du sable humide, puis on place le tout au réfrigérateur pendant au moins un mois avant d’effectuer le semis au jardin. Comme la germination des graines est erratique, il est sage de semer densément.

La récolte peut débuter deux ans après le semis. Elle peut s’effectuer à la fin de l’automne ou au printemps, mais il est important de ne pas récolter toutes les racines pour que le plant se régénère. Les racines dont la saveur rappelle celle du panais se consomment comme ce dernier.

Vous trouverez des semences ou des racines de chervis ici : 2, 8

Chou chinois

Le chou chinois (Brassica rapa ou Brassica chinensis) regroupe plusieurs plantes qui sont produites pour leurs feuilles. Le chou chinois se cultive sensiblement comme le chou pommé, à la différence qu’il est semé directement au jardin, car il réagit mal à la transplantation. Tout comme le chou pommé, le chou chinois est sensible (et même plus sensible) à certains insectes ravageurs.
Le chou chinois de catégorie pommé se développe un peu à la façon de la laitue romaine, alors que le chou non pommé tel que le « Bok Choy » produit des feuilles ovales libres dont le lobe est vert foncé et le pétiole charnu blanc.

Au printemps, on sème le chou chinois en pleine terre trois semaines avant le dernier gel. À noter que le plant est très sensible aux fortes chaleurs qui le font monter en graines. C’est pourquoi un semis de fin d’été est souvent plus favorable. On effectue ce dernier 6 à 8 semaines avant le premier gel automnal.

Vous trouverez des semences de chou chinois ici : 1, 3, 6, 7

 

Les semenciers

1 La ferme coopérative Tournesol

2 La Société des plantes

3 Les jardins de l’Écoumène

4 Les jardins des vie-la-joie

5 Le potager ornemental de Catherine

6 Les semences du batteux

7 Semences du Portage

8 Terre promise

Pour en savoir plus sur la culture de l’artichaut, de l’asperge, du céleri-rave, de la cerise de terre, du coqueret du Pérou et du chou chinois, consultez Mon potager santé

Dans les deux prochains articles, vous découvrirez une vingtaine d’autres légumes, du chou kale au topinambour.

Bonnes découvertes

Lili Michaud