Lorsque la culture écologique des légumes les plus communs est bien maitrisée, quel plaisir pour le jardiner curieux que d’explorer le merveilleux monde des légumes à découvrir. Et la bonne nouvelle, c’est que cette quête est presque indéfinie.

Dans ce second texte d’une série de trois, je vous présente le chou kale, le chou rave, le crosne du Japon, le cucamelon, l’épinard fraise, le fenouil à bulbe, la gourgane, le melon et l’okra.

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Pour chacun des légumes, les meilleurs endroits pour trouver les semences sont indiqués par des numéros. Ces derniers font référence à la liste des fournisseurs de semences présentés à la fin de cet article. Vous constaterez que j’ai tendance à privilégier les semenciers québécois qui offrent des semences bio ou cultivées écologiquement et bien sûr produites selon les conditions climatiques du Québec (et non de la Californie). Tous offrent leurs semences par Internet, certains en jardinerie. Enfin, la plupart des semenciers québécois sont présents dans les Fêtes de semences qui sont présentées en début d’année aux quatre coins du Québec.

Chou kale

Le chou kale (Brassica oleracea var. acephala ou var. sibellica) appelé également chou frisé, chou borécole ou simplement kale est un chou qui ne produit pas de pomme, mais une grande rosette de feuilles. Il ne s’agit plus vraiment d’un légume rare puisqu’il bénéficie d’une grande popularité depuis une dizaine d’années. Cela s’explique par son intéressante valeur nutritive et par le fait qu’il a fière allure dans les aménagements comestibles, et ce, jusque tard à l’automne.

On retrouve différentes variétés de chou kale dont la couleur varie du vert au rouge en passant par le bleu vert. Les feuilles du chou kale peuvent être plus ou moins frisées ou encore gaufrées comme c’est le cas du chou kale noir de Toscane (à gauche sur la photo).

On multiplie le chou kale par semis six à huit semaines avant le dernier gel et on effectue la transplantation deux semaines avant le dernier gel. La récolte des feuilles débute à partir du bas vers le haut, jusqu’aux premiers gros gels. Il se consomme cru ou cuit, mais c’est en « chips » qu’il est souvent populaire.
Vous trouverez des semences de chou kale ici : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8.

 

Chou-rave

Le chou-rave (Brassica oleracea var. gongylodes ) est un de mes « chouchou » dans la famille des choux. Il est cultivé principalement pour la base renflée de sa tige, mais ses feuilles sont également comestibles. La couleur de sa peau varie de blanc à pourpre en passant par le vert, mais sa chair est blanche.

On cultive le chou-rave par semis intérieur six semaines avant le dernier gel, puis on le transplante trois semaines avant le dernier gel. Au même moment, il est possible de faire des semis en pleine terre et de poursuivre ces derniers aux deux semaines jusqu’à six semaines avant le premier gel automnal.

Une fois pelé, on peut consommer le chou-rave cuit. Mais c’est cru que l’on profite davantage de sa chair, sucrée et croquante… à mon avis et à celui de mon petit-fils que j’ai rendu accro au chou-rave.

Vous trouverez des semences de chou-rave ici : 3, 7

 

Crosne du Japon

Le crosne du Japon (Stachis affinis) est une plante vivace dont on consomme les petits tubercules qui ont l’allure de petits « Bonhommes Michelin ». On cultive le crosne du Japon à partir de ces tubercules qui sont plantés à l’automne dans un sol bien drainé et amendé en compost, puis recouvert de paillis.

Les tubercules peuvent être récoltés à l’automne suivant puis durant de nombreuses années à l’automne ou au printemps à condition qu’on laisse quelques tubercules en terre. Dans de bonnes conditions, les plants de crosne seront productifs durant de nombreuses années.

La saveur du crosne du Japon est très fine. Elle se situe entre le topinambour et l’artichaut. Mais elle ne se livre pas facile. De fait, avant de les consommer on doit laver les tubercules adéquatement en les frottant d’abord avec un linge propre et une poignée de gros sel, puis on les rince abondamment. Enfin, on les fait cuire à la vapeur ou dans l’eau durant 10 minutes. Autrement, on les fait sauter dans un peu d’huile après les avoir blanchis deux minutes.

Vous trouverez des tubercules de crosnes du Japon ici :  2

 

Cucamelon

Le cucamelon (Melothria scabra) appelé aussi melon de la souris ou concombre à confire est cultivé pour son petit fruit mignon qui pousse sur une plante grimpante pouvant atteindre 1,5 m de hauteur. On peut le faire ramper sur le sol, mais pour une meilleure production, mieux vaut lui offrir un support. On peut aussi l’utiliser comme plante retombante dans un pot suspendu ou encore dans un jardin vertical.

Membre de la très grande famille des Cucurbitacées, il préfère comme ses cousins les concombres et les courges,  un sol riche et le plein soleil. Dans de bonnes conditions, il produit tout l’été une abondance de petits fruits ovales vert grisâtre striés qui ressemblent à de minuscules melons.

La saveur du cucamelon se rapproche de celle du concombre avec une petite pointe d’amertume. On peut le consommer cru en hors d’œuvre, dans les salades ou encore le faire mariner ou fermenter.

On démarre le cucamelon par semis intérieurs trois à quatre semaines avant le dernier gel et on le transplante au jardin, une fois les risques de gel passés. Au même moment, on peut aussi le semer en pleine terre directement au jardin ou en pots.

Vous trouverez des semences de cucamelon ici : 1, 3, 5, 8

 

Épinard fraise

L’épinard fraise (Chenopodium capitatum) appelée aussi arroche fraise est une plante ancestrale que l’on cultive dans le but consommer son feuillage qui ressemble à des feuilles d’épinard et ses fruits rouges qui ont l’apparence de fraises ou de mûres.

On sème l’épinard fraise directement au jardin ou en pots dans un site ensoleillé, après tout danger de gels. Les feuilles triangulaires et dentées sont prêtes à être récoltées environ quatre à six semaines après le semis. D’ailleurs, les cueillettes stimulent l’apparition de nouvelles feuilles. Toutefois, ces dernières perdent leurs qualités lorsque la mise à fruit débute.

Les fruits sont mûrs lorsqu’ils ont une belle teinte bourgogne. La cueillette, qui peut alors commencer, s’étale sur trois à quatre semaines. Les fruits sont parfumés, mais ils ne sont pas sucrés comme une fraise, ils ont plutôt un goût qui s’apparente à la betterave.

Les feuilles se consomment fraîches en salade ou cuites à la vapeur tout comme l’épinard. Les fruits peuvent également être consommés crus ou cuits, mais dans les deux cas, mieux vaut ne pas en abuser, car les graines qu’ils contiennent sont toxiques lorsque consommées en grande quantité. Toutefois, une simple branche de fruits peut agrémenter les salades et les desserts sans risque. Pour consommer les fruits en confiture, en gelée ou en coulis, mieux vaut les passer au chinois ou à la passoire pour en extraire les graines.

Une fois l’épinard fraise introduit au jardin, il y a de fortes chances que vous observiez des plants dans les années à venir, puisqu’il se ressème allègrement.

Vous trouverez de semences d’épinard-fraises ici : 2, 8

 

Fenouil à bulbes

Le fenouil à bulbes (Foeniculum vulgare var. dulce) appelé aussi fenouil de Florence est une plante légumière cultivée principalement pour son bulbe qui n’en est pas véritablement un, puisqu’il s’agit plutôt de la base charnue des pétioles qui s’emboitent les unes dans les autres pour former une pomme plate grosse comme le poing.

On démarre la culture du fenouil à bulbes par semis intérieur six semaines avant les dangers de gel. Les plantules devront être transplantées à l’extérieur une fois les dangers de gel passés, car il est particulièrement sensible au gel.  Au même moment, il est possible de faire des semis extérieurs.

Le fenouil est relativement facile à cultiver en climat frais, mais il nécessite une humidité constante. Il redoute autant le gel printanier que les grosses chaleurs de l’été qui le font monter en graines. Pour que le bulbe demeure bien tendre, il ne doit pas manquer d’eau. En pleine terre, on verra à couvrir le sol de paillis et à arroser au besoin. Cultivé en pots, le contenant à réserve d’eau demeure un excellent choix.

Les « bulbes » à la saveur anisée se consomment crus ou cuits. On peut également utiliser le feuillage tout comme on le fait avec son cousin le fenouil commun.
Vous trouverez des semences de fenouil à bulbes ici : 1, 2, 7 et 8

Gourgane

La gourgane (Vicia faba) qu’on appelle « fève » en Europe est une proche parente du haricot, mais contrairement à ce dernier, on cultive la gourgane dans le but de consommer les graines contenues dans les gousses et non les gousses en entier.

La gourgane est une plante de climat frais. Elle n’apprécie pas les brusques changements de température et les fortes chaleurs qui nuisent à la mise à fruit. Au Québec, ce sont les climats de Charlevoix et du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui lui sont les plus favorables. La célèbre soupe à la gourgane est d’ailleurs associée à ces régions.

La gourgane est semée en pleine terre trois à quatre semaines avant le dernier gel. Un sol légèrement fertile lui convient, puisqu’elle bénéficie de bactéries qui vivent en symbiose avec ses racines et qui ont la possibilité de fixer l’azote de l’air pour la rendre disponible à la plante.

Les graines se consomment fraîches alors que les gousses sont formées, mais encore vertes. Si l’objectif est de conserver les graines séchées, mieux vaut attendre que les gousses noircissent sur le plant avant de les récolter puis de terminer le séchage à l’intérieur.

Vous trouverez des semences de gourganes ici : 2, 6, 7, 8

Melon

Melon de Montréal

Les différents melons tels que le melon brodé, le melon cantaloup, le melon au miel (Cucumis melo) et le melon d’eau (citrillus vulgaris) sont des plantes de la famille des cucurbitacées, mais ils nécessitent plus de chaleur que leurs cousins les concombres et les courges. C’est ce qui explique qu’il s’agit d’une culture qui est souvent associée aux régions les plus chaudes du Québec, à moins que les plants soient cultivés sous abris.

Plusieurs variétés de melons disponibles sur le marché sont des hybrides F1. Mais, on retrouve heureusement quelques variétés à pollinisation libre telles que le célèbre Melon de Montréal qui était cultivé dans les années 1950 sur le flanc sud du Mont-Royal. Le melon Oka est également une variété à pollinisation libre qui est issue du Melon de Montréal.

La culture du melon débute par un semis intérieur quatre à six semaines avant le dernier gel. Il est suivi de la transplantation au jardin ou en pots une fois les risques de gel passés.

Pour favoriser la production de fruits et pour gagner de l’espace, les plants ont avantage à être taillés. On peut faire ramper le plant au le sol ou mieux le faire grimper sur un treillis.

Les fruits sont mûrs lorsque l’on observe un léger changement de couleur et qu’ils dégagent une agréable odeur. On peut également observer un léger fendillement du pédoncule.

Vous trouverez des semences de melons ici : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8

Okra

L’okra (Abelmoschus esculentus) est aussi connu sous le nom ocra ou combo. Il s’agit d’une plante tropicale qui requiert beaucoup de chaleur. On le cultive pour son fruit, une gousse effilée verte ou rougeâtre duveteuse et charnue.

La culture de l’okra débute avec un semis intérieur quatre semaines avant le dernier gel. Pour faciliter la germination, les graines ont avantage à tremper précédemment dans une eau tiède durant 24 heures. La transplantation au jardin doit se faire après les dangers de gel. Dans les régions plus froides, mieux vaut attendre que la terre soit suffisamment chaude (idéalement 20°C).

Les plants qui atteignent plus ou moins un mètre sous nos conditions produisent de très jolies fleurs blanches ou jaunâtres qui ressemblent à celles de l’hibiscus. Elles sont suivies des gousses qui doivent être récoltées jeunes avant que les grains se forment soit, lorsqu’elles atteignent cinq à dix centimètres de longueur.

Les gousses peuvent se consommer crues ou cuites. Leur saveur se rapproche de celle de l’aubergine. Elles recèlent une substance mucilagineuse qui permet d’épaissir les ragoûts et les potages. En Louisianne, l’okra fait partie du célèbre combo, un plat traditionnel cajun.

Vous trouverez des semences d’okra ici : 1 et 8

 

Les semenciers

1 La ferme coopérative Tournesol

2 La Société des plantes

3 Les jardins de l’Écoumène

4 Les jardins des vie-la-joie

5 Le potager ornemental de Catherine

6 Les semences du batteux

7 Semences du Portage

8 Terre promise

Pour en savoir plus sur la culture du chou kale, du chou rave, de la gourgane et du melon consultez Mon potager santé https://www.lilimichaud.com/mon-potager-sante/

À suivre dans le troisième et dernier article :  le panais, la patate douce, la rhubarbe, la roquette, le soya edamame, la tétragone, la tomatillo et le topinambour.

Bonnes découvertes!

Lili Michaud