Mon jardin fait partie de ma vie douze mois par année. Je ne le « ferme » donc pas à l’automne selon l’expression consacrée. Pour moi, il s’agit plutôt d’une continuité, puisque même durant l’hiver, mon jardin demeure dans ma tête (et la vie se poursuit dans le sol). Toutefois, lorsque la nature initie sa pause annuelle, je m’active (je prendrai ma pause plus tard), car je suis consciente que les travaux que je ferai maintenant auront des répercussions positives sur mon jardin l’an prochain.

Que vous ayez un terrain de la grandeur d’un mouchoir de poche ou qu’il se compare à la superficie d’un terrain de baseball, certaines tâches sont souhaitables avant l’hiver.

Mais avant de passer en revue les travaux d’automne, voici ce que vous n’aurez pas à faire :

  • Ne pas effectuer de travail de sol, sauf pour préparer la planche de culture de l’ail.
  • Ne pas arracher les plantes annuelles. Les couper à la base plutôt.
  • Ne pas arracher les adventices, sauf si elles sont sur le point d’être en graines.
  • Ne pas enlever le paillis.
  • Ne pas ajouter de compost… sinon le faire très tard (ou mieux, reporter l’opération au printemps).

Bref, à l’automne il faut intervenir le moins possible sur le sol et éviter que celui-ci demeure nu durant de longues périodes. Une règle à respecter en tout temps. Ceci pour protéger la vie du sol et empêcher que les éléments minéraux soient lessivés lorsqu’il n’y a pas de plantes pour les absorber.

Voyons maintenant ce que vous pourriez faire cet automne… si ce n’est pas déjà fait.

Au potager

  • Protéger les légumes frileux (tomates, poivrons, aubergines, concombres, courges, etc.) lors des deux ou trois premières nuits froides ( 5 °C et même 10°C pour les tomates) et les récolter totalement avant que les températures nocturnes fraîches s’installent à demeure.
  • Planter les gousses d’ail à tiges dures (qui deviendront autant de bulbes l’an prochain) avant la mi-octobre (fin octobre pour les régions plus clémentes).
  • Couper près du sol les plantes légumières dont les récoltes ont pris fin (ne pas les arracher). Tailler les résidus et les déposer au composteur. Si l’espace manque, accumuler les résidus sur une planche de culture du potager et couvrir cette dernière d’un géotextile. Au printemps, procéder au compostage sur cette planche selon la méthode lasagne.
  • Utiliser le jardin comme un réfrigérateur en retardant si nécessaire la récolte des carottes, des betteraves, des panais, des navets, des poireaux, des kales et même des laitues.
  • Laisser les feuilles mortes s’accumuler sur le sol.
  • Faire analyser le sol si les récoltes ont été très inférieures aux récoltes des années précédentes.
  • Amender le sol avec de la chaux dolomitique si le résultat de l’analyse de sol indique que le pH est trop bas pour la culture des légumes.

Le récupérateur d’eau de pluie

  • Vider totalement le récupérateur avant les gros gels (arroser les conifères).
  • Nettoyer l’intérieur du récupérateur à l’aide d’une brosse ou d’un balai.
  • Ranger le récupérateur à l’envers dans un endroit où il ne risquera pas d’être brisé par le poids de la neige soufflée ou de la glace.
  • Replacer la descente de gouttière.

Les systèmes d’arrosage

  • Fermer la sortie d’eau et ouvrir le robinet.
  • Vider les tuyaux d’arrosage et les entreposer dans le cabanon ou le garage.

Les fruitiers

  • Protéger la base des jeunes arbres fruitiers de l’attaque des mulots avec une spirale de plastique blanc ou un grillage.
  • Attacher les arbustes qui reçoivent de la neige soufflée ou pelletée.

Le système de compostage

  • Continuer l’ajout des résidus de cuisine durant la saison froide si les composteurs sont accessibles. Ajouter des feuilles régulièrement. Autrement, prévoir l’accumulation des résidus de cuisine dans des seaux de plastique de 20 litres. Dès le mois d’avril, il faudra procéder au compostage selon la méthode lasagne.
  • Profiter des températures plus fraîches pour faire des travaux lourds tels que :
            • transvider le compost d’un composteur à l’autre ;
            • vider le contenu d’un composteur dont le compost est presque mûr et mettre ce dernier en tas dans une section du potager, puis le couvrir d’un géotextile. Il poursuivra sa maturation au jardin.
  • S’assurer que les composteurs en plastique soient remplis à capacité, ceci pour éviter qu’ils ne s’écrasent sous le poids de la neige.

La pelouse (si vous en avez encore… chez-moi la pelouse couvre à peine 10 mètres carrés)

  • Effectuer les dernières tontes plus courtes (5 cm), ceci pour éviter les dégâts de mulot et les maladies fongiques hivernales.
  • Ramasser et stocker les feuilles mortes dans le but de les utiliser comme paillis ou dans le compostage l’an prochain (je dois en voler chez les voisins, puisque j’en ramasse peu sur mon petit carré de pelouse).
  • Pratiquer le feuillicyclage lorsque les feuilles ne couvrent pas plus de 50 % de la pelouse, c’est-à-dire passer la tondeuse régulièrement sur les feuilles pour les déchiqueter. Vous ferez ainsi du compostage de surface.

Les plates-bandes de plantes ornementales et comestibles

  • Couper les plantes annuelles à la base et les composter.
  • Ne pas tailler les plantes vivaces (les tiges contribueront à accumuler la neige).
  • Laisser les feuilles mortes sur place.
  • Planter des bulbes à floraison printanière (crocus, tulipes, etc.). Ceci pour agrémenter le parterre alors que les plantes légumières ne seront pas encore installées et pour attirer les pollinisateurs tôt au printemps.

Les pots et autres contenants

  • Vider l’eau de la réserve des contenants à réserve d’eau.
  • Couper les plants à la base.
  • Vider le terreau des pots en terre cuite au jardin et entreposer les pots dans le cabanon ou le garage.
  • Regrouper les autres contenants (plastique, bois, sac géotextile) incluant leur terreau dans une section du jardin (ou sur le balcon) et les couvrir d’une bâche de plastique ou d’un géotextile.

 

Les fines herbes

  • Ne pas récolter plus du 2/3 des plants de fines herbes vivaces.
  • Récolter le basilic et entrer les plants de romarin et de laurier avant que les températures descendent sous 10 °C.
  • Récolter toutes les fines herbes annuelles et non rustiques avant les premiers gels.

Les outils

  • Nettoyer et ranger les outils en lieu sûr.
  • Affûter les lames des outils tranchants.

Enfin, lors des journées froides et pluvieuses, vous pourrez procéder à la gestion des récoltes de fruits, légumes et fines herbes par la mise en conserve, la lactofermentation, la congélation et la déshydratation.

Et quand les travaux d’automne seront officiellement terminés, il sera temps de commencer à rêver à vos projets de l’an prochain. À moins que ça ne soit déjà commencé…tout comme c’est le cas pour moi!